Réponse rapide
Le versement libératoire permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, par un pourcentage du chiffre d'affaires : 1 % (vente), 1,7 % (services) ou 2,2 % (BNC). Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un plafond, et se demande avant le 30 septembre pour l'année suivante.
En deux mots
Normalement, un micro-entrepreneur paie ses cotisations sociales chaque mois ou trimestre, puis son impôt sur le revenu l'année suivante, selon le barème, après un abattement forfaitaire. Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VL) permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations, avec un pourcentage fixe du chiffre d'affaires. L'impôt est alors considéré comme réglé : d'où l'adjectif « libératoire ».
Les taux
Selon l'administration fiscale, le versement libératoire se calcule sur le chiffre d'affaires ou les recettes hors taxes de la période :
| Activité | Taux du VL | Taux total avec cotisations 2026 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 1 % | 12,3 % + 1 % = 13,3 % |
| Prestations de services (BIC) | 1,7 % | 21,2 % + 1,7 % = 22,9 % |
| Libéral BNC (SSI) | 2,2 % | 25,6 % + 2,2 % = 27,8 % |
| Libéral BNC (Cipav) | 2,2 % | 23,2 % + 2,2 % = 25,4 % |
Ces totaux sont ceux que l'Urssaf collecte à chaque déclaration si vous avez opté pour le VL.
Les conditions
D'après l'administration fiscale :
- Condition de revenu. Le revenu fiscal de référence (RFR) de votre foyer pour l'avant-dernière année (N-2) ne doit pas dépasser un plafond par part de quotient familial, majoré de 50 % par demi-part supplémentaire et de 25 % par quart de part. Le plafond est revalorisé régulièrement : il est de l'ordre de 29 000 € par part pour une option en 2026 (vérifiez la valeur exacte sur impots.gouv.fr).
- Condition de chiffre d'affaires. Votre chiffre d'affaires de l'année précédente doit rester dans les plafonds applicables à ce dispositif.
- Chiffre d'affaires hors taxes. Le calcul se fait hors taxes.
Vous sortez automatiquement du dispositif si vous sortez de la micro-entreprise ou si le RFR de référence dépasse le plafond.
Quand et comment opter ?
L'option s'exerce de façon expresse :
- à la création, lors de la formalité sur le guichet des formalités des entreprises ;
- ou par demande à l'Urssaf, au plus tard le dernier jour du 3e mois suivant celui de la création ;
- ou au plus tard le 30 septembre de l'année N pour une application au 1er janvier de l'année N+1.
Exemple officiel : pour une création en août, l'option doit être exercée avant le 30 novembre suivant. Pour une application au 1er janvier 2027, l'option doit être exercée avant le 30 septembre 2026.
VL ou barème classique : comment comparer ?
Sans VL, l'impôt se calcule ainsi :
- On applique l'abattement forfaitaire au chiffre d'affaires : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les BNC (avec un minimum de 305 €).
- Le résultat s'ajoute aux autres revenus du foyer.
- L'impôt est calculé selon le barème progressif et le quotient familial.
Avec le VL, vous payez 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires, point final, mais le revenu de micro-entreprise reste pris en compte pour le calcul du taux d'imposition des autres revenus du foyer et du revenu fiscal de référence.
Exemple chiffré (illustratif)
Un prestataire de services (BIC) encaisse 40 000 € dans l'année.
- Avec VL : 40 000 × 1,7 % = 680 € d'impôt, payés au fil de l'eau.
- Sans VL : base imposable = 40 000 × (1 − 50 %) = 20 000 €. L'impôt dépend alors de la situation du foyer. À titre d'exemple, si le taux moyen d'imposition appliqué à cette base était de 5 %, l'impôt serait de 1 000 € (le VL serait plus avantageux). Si le foyer n'est pas imposable (taux de 0 %), l'impôt serait nul : le VL coûte alors 680 € de trop. Si le taux moyen était de 3,4 %, les deux options s'équivaudraient.
En résumé : plus votre foyer est faiblement imposé, moins le VL est intéressant ; plus il est fortement imposé, plus il l'est.
Les avantages du VL
- Simplicité : l'impôt est payé en même temps que les cotisations, au prorata de ce que vous encaissez.
- Visibilité : pas de mauvaise surprise l'année suivante.
- Intérêt fiscal pour les foyers dont le taux moyen d'imposition est élevé.
- Régularité : si votre chiffre d'affaires est irrégulier, vous payez au fil de l'eau.
Les inconvénients
- Pas rentable pour les foyers faiblement imposés ou non imposables.
- Pas de déduction des charges : le VL est calculé sur le chiffre d'affaires, pas sur un bénéfice.
- Le revenu reste déclaré : le chiffre d'affaires doit figurer sur la déclaration annuelle de revenus, et il intervient dans le calcul du revenu fiscal de référence.
- Condition de revenu : une hausse de revenu du foyer peut vous en faire sortir.
Questions à se poser avant de choisir
- Quel est le taux moyen d'imposition de mon foyer cette année ?
- Quel sera mon chiffre d'affaires l'an prochain ?
- Mes autres revenus (conjoint, salaire) vont-ils changer ?
- Ai-je besoin de visibilité mensuelle sur ma charge fiscale ?
- Mon RFR est-il proche du plafond ?
Un expert-comptable ou le service des impôts des particuliers peut simuler votre situation. L'avis d'imposition donne votre RFR et votre taux moyen.
Comment suivre le VL dans Clairfact
Dans l'application, vous pouvez indiquer que vous avez opté pour le versement libératoire : les estimations de cotisations utilisent alors les taux majorés (13,3 %, 22,9 %, 27,8 % ou 25,4 %). L'outil gratuit simulateur de cotisations Urssaf permet de tester les deux options. Ces estimations ne remplacent pas l'avis de l'Urssaf.
Trois cas pratiques
Cas A — Léa, consultante célibataire, revenus modestes. Elle encaisse 24 000 € en services (BNC SSI) et n'a pas d'autre revenu. Après abattement de 34 %, sa base imposable est de 15 840 €. Son impôt sans versement libératoire sera faible, voire nul selon le barème. Avec le VL, elle paierait 24 000 × 2,2 % = 528 €. Dans sa situation, renoncer au VL est probablement plus avantageux.
Cas B — Marc, artisan marié, conjoint salarié bien rémunéré. Il encaisse 50 000 € en services BIC. Avec le VL : 50 000 × 1,7 % = 850 €. Sans VL, la base imposable est de 25 000 € (abattement de 50 %), ajoutée aux revenus du couple, taxée à la tranche marginale du foyer (par exemple 30 %), soit une imposition de l'ordre de 7 500 € pour cette part. Ici, le VL est nettement avantageux.
Cas C — Sofia, vendeuse en ligne, revenus du foyer proches du plafond. Elle encaisse 60 000 € de ventes. VL : 60 000 × 1 % = 600 €. Mais le revenu fiscal de référence du foyer approche du plafond : si le RFR de l'avant-dernière année dépasse le seuil, elle sortira du dispositif. Elle doit vérifier son RFR chaque année avant le 30 septembre.
Ces exemples sont simplifiés (ils ne tiennent pas compte de toutes les situations familiales) mais montrent le raisonnement : comparer le coût du VL au surcroît d'impôt que générerait le revenu de micro-entreprise.
Calendrier de décision
| Quand | Quoi |
|---|---|
| Avant le 30 septembre N | Décider d'opter, de renoncer ou de maintenir le VL pour l'année N+1 |
| Octobre – décembre | Anticiper l'effet sur la trésorerie : taux majoré dans les déclarations |
| Janvier N+1 | Vérifier que la déclaration Urssaf applique le bon taux |
| Mai – juin N+1 | Déclarer le chiffre d'affaires de l'année dans la déclaration de revenus |
| Septembre N+1 | Nouveau point de décision |
Les erreurs à éviter
- Opter par réflexe, sans comparer avec l'impôt classique.
- Oublier de déclarer le chiffre d'affaires dans la déclaration annuelle de revenus.
- Ne pas surveiller le RFR : une sortie du dispositif est automatique si le seuil est dépassé.
- Oublier que le VL ne couvre que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux sur les autres revenus, la CFE et la TVA sont des sujets distincts.
- Attendre octobre pour décider : la date limite du 30 septembre est stricte.
Informations issues de l'administration fiscale et de Service-Public.fr aux dates de vérification indiquées. Ce contenu ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.
Questions fréquentes
Jusqu'à quand puis-je opter pour le versement libératoire ?
Au plus tard le 30 septembre de l'année N pour une application au 1er janvier N+1, ou au plus tard le dernier jour du 3e mois suivant la création de l'entreprise (ou lors de la formalité de création).
Le versement libératoire est-il toujours avantageux ?
Non. Il est surtout intéressant si le taux moyen d'imposition de votre foyer est supérieur au taux du versement. Pour un foyer non imposable, il coûte plus qu'il ne rapporte.
Dois-je quand même déclarer mon revenu à l'impôt ?
Oui : le chiffre d'affaires de l'année doit figurer sur la déclaration annuelle de revenus, même avec versement libératoire.
Comment y renoncer ?
Par une demande à l'Urssaf au plus tard le 30 septembre de l'année pour un effet au 1er janvier de l'année suivante.
Sources officielles
- impots.gouv.fr — Le versement libératoire
- Service-Public.fr — Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur
Dernière vérification : 3 novembre 2026.